A&L : Promenade au bord de la mer

Joaquin Sorolla

Joaquin Sorolla

Ah Sorolla ! Comment ne pas parler de ce peintre et de ses œuvres ?! Cet Espagnol né à Valence en 1863 est probablement l’un de mes peintres favoris. Ses peintures ont alimenté mes rêves et permis de véritablement m’intéresser à l’Histoire de l’art de son pays. Lors de ma découverte de l’une de ses œuvres les plus connues et intitulée Promenade au bord de la mer, je n’ai plus jamais cessé de m’arrêter quelques minutes, voire des heures entières, pour contempler les couleurs chaudes et la poésie transparaissant dans chacune de ses autres toiles. Ce peintre, peu connu en France, est pourtant une véritable célébrité en Espagne. Il existe d’ailleurs un musée à Madrid portant son nom. Le musée des impressionnistes de Giverny lui a même récemment dédié une rétrospective en 2016. Comment le décrire ? Sorolla était un amoureux de la lumière, de la mer et de la nature. Il peignait avec justesse et magie ses toiles en nous invitant à chaque fois au voyage dans des paysages riches et colorés. Etant passionnée de récits et de peintures marines, je ne pouvais être qu’envoûtée par toute cette fantaisie. Ce fut notamment le cas pour La promenade au bord de la mer représentant selon moi tout le talent et l’envergure de son maître !

L’œuvre

Joaquín Sorolla, Promenade au bord de la mer, Valence, 1909, huile sur toile, Madrid, Museo Sorolla

Joaquin Sorolla s’intéresse à l’impressionnisme après un voyage à Paris en 1885. Nous retrouverons dans ses futures œuvres l’influence de Monet dont quelques toiles peuvent d’ailleurs nous faire penser à celles de Sorolla (Jeune femme à l’ombrelle par exemple). Sorolla est éperdument attiré par la lumière et ses compositions. Il aime peindre des nus, des scènes de baignade et possède un attachement particulier à la mer et à sa région natale de Valence. Il s’inscrit dans le courant luministe lui-même attaché à l’impressionnisme. S’il a déjà acquis une certaine notoriété, les œuvres qui découleront de cette période artistique lui vaudront une renommée mondiale. Promenade au bord de la mer (Paseo a orillas del mar) en fait justement partie. Voici son histoire !

Peint à Valence en 1909, la peinture représente l’épouse du peintre, Clotilde Garcia del Castillo (à gauche) et leur fille Maria Clotilde (à droite). La scène se déroule en fin de journée et le soleil semble être sur le point de se coucher, offrant par ailleurs une merveilleuse luminosité sur les robes blanches immaculées et les visages des deux femmes. Si celui de son épouse est recouvert d’un petit voile, celui de sa fille offre une certaine douceur et témoigne de la tendresse du père à son égard. Les détails de son visage paraissent pourtant flous en s’approchant. Ils traduisent ici le rattachement de Sorolla à l’impressionnisme et la distance prise avec le classicisme.

Sorolla réalise une simple évocation des visages par des touches de couleurs diverses qui maintiennent le flou. En s’éloignant, une « impression » se dégage ; elle constitue la perception de l’artiste et non une représentation se voulant fidèle.

Patrick Aulnas, auteur et essayiste.

Le vent dans les habits permet quant à lui de marquer le mouvement des deux femmes engagées dans une promenade au bord de la méditerranée. Avec cette vue en plongée, Sorolla s’épargne une ligne d’horizon et applique une juxtaposition contrastante entre la mer aux couleurs froides et le sable aux teintes plus chaudes. Le cadrage de la scène est quant à lui photographique, en témoigne le chapeau coupé de son épouse marchant de le sillage de sa fille. L’effet est volontaire et permet de focaliser l’oeil sur les deux véritables prouesses artistiques que sont les robes. Si de prime abord, ces dernières semblent être uniquement faites de blanc, une étude plus poussée donnera toute l’étendue des talents de Sorolla. De nombreuses nuances permettent de donner un large éventail de blanc qu’il maîtrise. Il y a ajoute une palette de jaune, de bleu, de rose et de gris créant ainsi toutes les impressions d’ombre et des jeux de lumière.

Joaquin Sorolla fut bien trop attaché à cette œuvre de famille pour la vendre. C’est après sa mort que son épouse en fera don au musée Sorolla de Madrid dans lequel il est encore possible de la contempler.

Postérité

Lorsqu’il peint Promenade au bord de la mer, Joaquin Sorolla est déjà au sommet de sa gloire. Connu dans le monde entier, il expose dans de nombreuses villes (New York, Paris, Londres…). Il remportera même une médaille d’honneur lors de l’exposition universelle de Paris en 1900. La France le nommera d’ailleurs chevalier de la Légion d’honneur en 1901, puis officier en 1906. Avec une telle reconnaissance, Joaquin Sorolla continuera de peindre et d’exposer tout le restant de sa vie. Parmi ces dernières œuvres notoires, nous pouvons trouver Elena en la cala de San Vicente (voir galerie ci-dessous), peint en 1919. Sorolla décédera des suites d’un AVC qui l’aura laissé hémiplégique, quatre ans plus tard en 1923.

D’autres œuvres

Voici une petite sélection des peintures de Joaquin Sorolla. Ce ne sont pas les plus connues, ni celles qui lui ont valu ses lettres de noblesse. Mais ce sont des œuvres dans lesquelles j’aime particulièrement m’immerger pour ressentir les différentes atmosphères.

L.Ak

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