
Si le nom de Monet est associé au célèbre peintre du 19e siècle, Claude, le Musée du Luxembourg a souhaité mettre en avant cette fois-ci son frère, Léon. Personnage de premier plan dans la vie de l’artiste, il fut l’un des principaux soutiens de son frère cadet et participa, autant que possible, à sa réussite et reconnaissance. Peu mis en avant dans les lignes de l’Histoire, il resta longtemps le frère oublié, celui devant se contenter de quelques lignes dans les milliers de biographies dédiées à son frère. Je suis friande de ce genre de personnalités, celles dont on ne parle jamais, celles que l’on préfère laisser dans l’ombre, au profit d’autres jugées plus « solaires ». Léon Monet, c’est une petite histoire dans la grande. Ce fut aussi, grâce à cette exposition, l’occasion de découvrir l’envers du décor de la famille Monet.

J’ai été véritablement surprise par la qualité de cette exposition. Intimiste et calme, la fréquentation était suffisamment basse pour savourer chaque œuvre en prenant le temps. D’entrée de jeu, l’exposition proposait un petit aperçu de Léon Monet en dressant son portrait. Couleurs apaisantes, photographies en grandes, la scénographie efficace facilitait la rencontre avec le personnage. L’idée de cet article n’est pas forcément de réécrire les textes présentés durant le parcours. Je me contenterai ainsi de faire le portrait de Léon Monet en quelques lignes, avant de parler de sa monumentale collection d’œuvres d’art réunies et exposées pour cette magnifique occasion.



Le premier angle de cette exposition s’attelait à faire une présentation de la famille Monet, afin de pouvoir mieux cerner la personnalité de Léon Monet. Frère de l’ombre, il n’en fut pas moins un amateur d’art passionné, ainsi qu’un grand industriel. S’il est une chose particulièrement intéressante dans la vie de cet homme, c’est qu’à l’instar de son frère utilisant les couleurs pour les appliquer sur ses toiles, Léon Monet, lui, les fabriquait. Chimiste de profession, il fonda plus tard la Société industrielle de Rouen. La notoriété apportée par son rayonnement lui permettra de financer son frère et ses amis impressionnistes, mais également d’acheter leurs œuvres pour entreprendre la constitution d’une collection. Morisot, Sisley, Renoir et Pissaro pour ne citer qu’eux, Léon Monet était un fervent admirateur. Il constitua par ailleurs, avec une grande minutie, de véritables catalogues recensant toutes ses œuvres photographiées et légendées.


Chose très intéressante faisant partie de ce que je nomme la micro histoire, plus communément connue comme des anecdotes ! Le principal portrait de Léon Monet, peint par son frère et servant justement d’étendard à l’affiche d’exposition, possède sa propre légende. Il s’avéra en effet que ce dernier fut particulièrement détesté par l’aîné de la fratrie. Le jugeant trop caricatural, le tableau resta caché durant plusieurs décennies avant de finalement revoir la lumière du jour et être considéré comme l’un des chefs d’œuvres de Claude Monet.





Bien entendu, si l’exposition se concentre sur la collection de Léon Monet, on ne peut s’arrêter sans admirer l’étendu du talent de son frère cadet. L’impressionnisme se retrouve ici sur toutes les toiles, rendant ainsi la visite particulièrement appréciable et poétique. Les compositions sont somptueuses et si je regrette de ne pas avoir pris les petites caricatures réalisées par Monet durant son enfance en Normandie, j’ai pris soin de m’attarder plusieurs minutes sur chacune des autres oeuvres présentées.



La fin de l’exposition s’intéressait aux collections japonaises, ainsi qu’à la réalisation des peintures. Une vidéo d’archive, ainsi que de nombreux cartels explicatifs et des boîtes de peintures présentant les différentes teintes étaient placées à la vue des visiteurs. Cela permit une fois de plus de faire le lien entre les deux frères et de mettre en avant leur complémentarité.

Encore une somptueuse exposition dédiée à l’art impressionniste. Mission accomplie pour le musée du Luxembourg qui clôturera le 16 juillet prochain cette brillante immersion dans la vie d’un personnage resté à l’ombre d’un monument de l’Histoire de l’art. Mais durant ces derniers mois, du second rôle, il aura enfin reçu tous les honneurs qui lui sont dus.

