L’Aigle et la Rose

Retour aux sources

Mes premiers livres lus à la vitesse de l’éclair furent des romans de fantasy. Le Seigneur des anneaux, les chroniques de Shannara et les récits issus de l’univers Warhammer figurent aujourd’hui parmi mes meilleurs souvenirs de littérature d’enfance. Ces histoires sont même devenues des piliers lorsque je me suis mise à l’écriture vers mes douze ans. Introvertie de nature, je préférais m’immerger dans la Terre du Milieu plutôt que de faire mes devoirs. Je passais alors des jours entiers à créer des mondes, des cultures et des personnages. J’essayais à mon tour de donner vie à ces univers en créant des grandes intrigues politiques, mystiques et militaires. Et puis, en grandissant, je me suis tournée vers des romans plus adultes comme Game of Thrones de George Martin ou bien la Compagnie Noire de Glen Cook. Ces deux sagas m’ont littéralement ouvert les portes de la littérature fantastique plus noire et correspondant mieux à ce que je souhaitais écrire.

En faisant mes premières armes d’écrivaine sur un forum médiéval-fantastique, je découvrais des auteurs de mon âge possédant également les mêmes références et désirs que moi. Ensemble, nous rédigions des intrigues compliquées et haletantes avec un certain degré d’exigence qui me permit véritablement de moins appréhender la création d’un nouvel univers correspondant enfin à mes attentes. Mes premières tentatives de création, durant l’adolescence, s’étaient toujours avérées infructueuses. A force de me comparer aux chefs d’œuvre me servant d’exemple, j’en venais systématiquement à m’arrêter, jugeant mon travail trop amateur pour prétendre satisfaire un public plus large et déjà habitué à ce genre de littérature.

Et puis finalement…

Après m’être détournée du genre médiéval-fantastique pendant plusieurs années, une idée à commencé à germer dans mon esprit sans cesse stimulé par des idées de scénarios. C’est en relisant quelques écrits sur mon ancien forum que je redécouvrais avec plaisir un personnage nommé Kurt Vondörff. Je m’étais inspirée des lansquenets allemands du milieu du XVIe siècle pour le créer lui, ainsi que toute sa bande. J’avais souhaité écrire le point de vu d’un anti-héros plus intéressé par sa survie et l’argent que par des idéaux chevaleresques.

Pour être honnête, je n’en pouvais plus des protagonistes parfaits, nobles et gentils. Après avoir travaillé sur les guerres d’Italie durant mes études, je savais que la réalité était tout autre. Je souhaitais ainsi reprendre le personnage de Kurt et l’insérer dans un monde très semblable à notre Europe de la Renaissance. L’histoire de mon récit suivrait ainsi cet anti-héros aux mœurs douteuses. Pour ne pas sombrer dans la surenchère de stéréotype (mercenaire/méchant, etc…), je souhaitais également le rendre attachant. Son sale caractère avait quelque chose de drôle dont l’humour grinçant permettait de diluer un peu l’aspect noir du récit. Les interactions avec sa bande de reîtres permirent également de créer une certaine cohésion et un étonnant attachement.

Les anti-héros sont imparfaits, ce qui en fait généralement des personnages auxquels il est assez facile de s’identifier. Ils font ressortir notre côté sombre et nous nous mettons à apprécier de les voir suivre d’autres chemins que ceux vus et revus dans la littérature moins adulte et moralisatrice. J’ai néanmoins pris un certain risque et ce récit ne plaira pas forcément à tout le monde, je le sais éperdument. Pourtant, en écrivant le récit de Kurt et sa bande, j’ai peu à peu réussi à renouer avec mes premiers amours tout en mettant en application les expériences acquises depuis ces dernières années. Il en est finalement ressorti un roman que je relis et redécouvre toujours avec plaisir, me laissant ainsi entrevoir l’a possibilité ‘idée d’élargir le champ des possibilités en composant un monde plus vaste et complexe.

L’histoire

« Une guerre ravage le Royaume d’Alémanie depuis de nombreuses années. Les campagnes , les villages et les cités sont à feu et à sang. Pendant que le peuple pleure ses pères et ses frères disparus, ceux que l’on surnomme l’Aigle et la Rose, continuent de s’affronter dans une lutte sans merci. Les seuls semblant tirer leur épingle du jeu sont les mercenaires recrutés pour combler les Osts de plus en plus amoindris. On les reconnaît à leurs mœurs douteuses et leurs tenues chamarrées. Ils n’ont de cesse de vouloir s’enrichir toujours un peu plus. Kurt Vondörff est l’un de ces hommes. Accompagné de ses Valeureux, comme il les appelle, rien ne semble les avoir préparé à la rencontre qui pourrait littéralement renverser le cours de la guerre et même réduire le monde en cendres. Rien que ça…. »

Fantastique et horreur

Si l’Aigle et la Rose s’adresse principalement à un lectorat adulte, les jeunes amateurs d’épouvante pourront certainement apprécier. Car en dehors du langage particulièrement fleuri des principaux protagonistes, il subsiste dans le récit une dimension tendant parfois à emprunter au genre horrifique. Je garde en souvenir des images assez fortes de récits gothiques aux fins effrayantes. J’ai essayé ici de m’en approcher autant que possible en rendant hommage à toutes ces histoires tragiques et funestes. Le roman détient ainsi son lot de scènes fortes pouvant quelquefois donner des haut-le-cœur.